




Impossible de faire un résume clair et condensé d’Inception’, tant le principe et les méandres du film sont profonds. Profonds et pourtant parfaitement compréhensibles si on n’a pas le malheur de décrocher ne fusse qu’une minute de l’écran. Mais bien que le film traite d’un sujet lourd et relativement difficile à exploiter (le rêve et le subconscient), il parvient à déjouer les pièges d’un scénario qui chercherait à en faire trop et trop vite.
Il faut bien l’avouer, Christopher Nolan a l’art de créer des scénarios et des films captivants et particulièrement originaux. On se souvient notamment de ‘Mémento’ et de son pitch raconté en puzzle hachuré, on ne peut oublier ‘Le prestige’ et son ambiance magique, et puis cerise sur le gâteau, on ne peut que repenser à la renaissance de Batman dans ‘Batman begins’ et ‘The dark knight’. Avec ‘Inception’, j’avais un peu l’impression de me trouver devant un mix de tous les films précités. Aussi bien l’originalité de l’histoire que l’action, l’ambiance et le suspense se tiennent et forment un mélange extrêmement agréable à suivre, jamais ennuyeux et palpitant jusqu’à la dernière seconde (je n’oublierais pas de sitôt le murmure d’étonnement de la salle au moment où l’écran devint noir pour faire apparaitre le générique final).
Le réalisateur arrive également toujours à attirer un casting parfait. En dehors de son équipe disons ‘habituelle’ (avec entre autres Michael Caine qui connait désormais un boum assez
fabuleux dans sa carrière grâce à Nolan), et de quelques excellents nouveaux venus (dont une Marion Cottilard surprenante et qui est bien partie pour durer aux States), il met cette fois au centre de son puzzle Leonardo Dicaprio, acteur qui a à mes yeux trèèèès bien vieilli et muri sur le plan d’acteur. Son jeu est fascinant et il arrive à donner une profondeur et un aspect humain très agréable à ses personnages (autre excellent rôle récent de l’acteur était celui dans ‘Shutter Island’). Bref, Dicaprio à de loin gagner ses galons d’acteur, et à nettement changé depuis ses débuts (pourtant déjà prometteurs) dans ‘Titanic’. Il a simplement gagner en assurance, en prestance… et en virilité !
Terminons par le sujet du film, qui peut paraitre très abstrait et qui pourrait faire peur au gens qui ont du mal à se concentrer sur un film. Pourtant, Christopher Nolan fait tout pour nous permettre de comprendre et d’entrer dans le film (il faut cependant passer les 10 premières minutes dans un brouillard de questions, mais tout s’éclaircira par la suite !). Les rêves et leur but, leur fonctionnement et leur création ; le sujet est réellement fascinant, à telle point qu’à la sortie de la salle, les questions résonnent comme un écho dans les têtes… ‘Et si c’était vrai, si tout était faux ?’… J’avoue que c’est une sensation étrange, et rien que pour ça, je qualifierais le film d’extraordinaire. Mais il n’y pas que ça : les effets spéciaux sont magnifiques et très réalistes, la musique est splendide, les acteurs sont phénoménaux et l’histoire est captivante de bout en bout. On pourrait même se dire que le film est trop parfait pour être vrai… Et si ce n’était qu’un rêve ?

Andrew Beckett est un jeune avocat promis à une très belle carrière dans un cabinet d’avocat de Philadelphie. Seulement Andrew est homosexuel et atteint du Sida. Renvoyé pour ‘négligence et faute grave’ du cabinet d’avocat, il porte plainte en justice pour licenciement abusif, dans un procès qui ne s’avèrera pas seulement celui d’Andrew Beckett, mais surtout un procès pour les droits des homosexuels dans une Amérique encore très pudibonde.
‘Philadelphia’ reste malgré les années et les changements de mentalité, un film extrêmement utile et instructif, tant sur la nature humaine que sur une société américaine se battant pour conserver un équilibre difficile entre justice et égalité pour tous et un caractère très conservateur.
Il est vrai que le film a beaucoup vieilli sur certains aspects. Les malades du Sida ne sont physiquement plus reconnaissable en tant que tel, et le manque de connaissance de la maladie, qui est aussi cause d’une certaine peur, a également fortement diminué (aujourd’hui, on sait très bien que la maladie ne s’attrape pas d’un simple contact avec le malade). Mais la stigmatisation et les préjugés ont la vie dure, et certaines pensées et paroles prononcées pendant le film m’ont paru, hélas, encore reconnaissable aujourd’hui. La communauté homosexuelle se bat depuis des années pour faire valoir ses droits, des droits fondamentaux qui ne peuvent être refusé à aucun être humain : les droits de l’homme, tout simplement.
Le film m’a interpellé sur pas mal de plans différents. Je me suis plus ou moins
reconnue dans le personnage interprété par Denzel Washington. L’avocat Joe Miller est d’abord très réticent à défendre la cause d’Andy Becket, à cause de la peur, de l’inconnu. Puis il reprend ses esprits et revient avec les pieds sur terre, pour ne plus se focaliser que sur l’essentiel : la défense d’une justice en laquelle il croit encore, et aussi la défense d’une personne, Andrew Beckett, traité en paria et jugé non pas sur ses compétences et qualités, mais sur sa manière de vivre. Dans un pays prônant la liberté, n’est-ce pas une hérésie ?
Historiquement parlant, le film a une belle valeur. Car bien qu’il ne date que de 1993, on s’aperçoit en peu de temps combien les mentalités et les idées ont évoluées depuis ces quelques années. Aujourd’hui, les homosexuels n’ont plus peur d’affirmer qu’ils le sont, les malades du Sida arrivent à vivre leur maladie plus ou moins normalement et ne sont en tout cas plus mis en marge de la société comme auparavant.
Chapeau en tout cas au casting du film, absolument parfait. Tom Hanks, acteur aux multiples facettes, en découvre ici une qu’il maitrise avec énormément d’aisance. A-t-il le type gay ? Je ne sais pas, et d’ailleurs je ne me prononcerais pas sur le sujet, car ce serait faire la part belle aux préjugés. Mais c’est vrai que Tom Hanks est certainement plus crédible dans le rôle que ne l’aurait été par exemple Clint Eastwood ou Arnold Schwarzenegger (vous voyez ce que c’est qu’un préjugé ?)
Le couple qu’il forme avec Antonio Banderas est non seulement crédible, mais je dirais aussi très courageux, surtout venant de la part d’Antonio Banderas (pour un espagnol, ça ne doit pas nécessairement être une évidence). Et pour terminer, il y a Denzel Washington, parfait dans ce qui est sans aucun doute le rôle le plus intéressant du film.
Seul bémol à un ensemble presque parfait, c'est la sur-sensibilisation du film: la scène avec le chant d'opéra m'a semblée non seulement trop longue, mais aussi parfaitement inutile... et pourtant elle semble être pour Joe Miller le moment le plus important qui soit. Et puis la fin, qui m'a très certainement fait pleurer, avait à mon sens que ce seul et unique but! Comme si le réalisateur s'était rendu compte que personne n'avait pleuré jusque là, et que donc il fallait terminer le film sur une note triste. Un peu dommage, mais cela n'empêche pas 'Philadelphia' d'être un tout grand film, et surtout d'avoir permis à Tom Hanks de remporter son tout premier Oscar en tant que meilleur acteur!

Dans un futur pas si éloigné de nous, le taux de meurtres à fortement diminué au Etats-Unis. En cause, la création d’une cellule baptisée ‘pré crime’ qui a pour but d’empêcher justement les meurtres d’être perpétrés. Pour ce faire, les enquêteurs utilisent ce qu’ils appellent les ‘précognifits’, qui peuvent ‘voir’ les meurtres avant même qu’ils aient lieux.
Steven Spielberg et Tom Cruise aiment la science-fiction, et il faut avouer que leur collaboration donnera sur ce plan deux excellents films : ‘La guerre de mondes’, et quelques années plus tôt ‘Minority Report’. Ce dernier, plus enquête policière que réel film à effets spéciaux, est un film parfaitement orchestré et très bien minuté. L’enquête avance dans un milieu qui est loin du milieu ‘aseptisé’ que l’on retrouve parfois dans les films du genre, ce qui lui donne une aspect plus réaliste et donc plus facile à intégrer. L’histoire est bien ficelée et passionnante, et réserve (comme toute bonne enquête qui se respecte) son lot de surprises.
Le côté moral de l’histoire peut également faire réfléchir. Que penser d’une société au les crimes sont ‘prévisualisés’ pour être empêcher? Qui n’a pas rêvé d’un monde dans lequel on n’aurai plus peur de se faire attaquer ou assassiner? Mais jusqu’où peut-on aller dans ce domaine sans tomber dans l’excès ? Je suis certaines que bon nombre d’entre nous trouverons aussi bien des ‘pour’ que des ‘contre’ à cette idée, et c’est sans aucun doute ce qui apporte à ce film un fond et une crédibilité non négligeable.
Terminons par passer en revue les acteurs principaux. Encore une fois Tom Cruise confirme que, bien qu’il soit une show-man plus que médiocre et un scientologue un peu fêlé, il n’en reste pas moins un acteur extrêmement bon ! Face à lui se retrouve un Colin Farrell que j’apprécie un peu moins, et qui n’a pas nécessairement les épaules face à Tom Cruise, ce qui fait qu’il se retrouve plus souvent à faire tapisserie qu’à réellement crever l’écran. Tant pis, ce n’est pas lui qui avait le rôle principal non plus !
Excellente enquête, ‘Minority report’ offre à Spielberg l’occasion de se plonger avec autre choses que des extra-terrestres dans la science-fiction, domaine qui semble plus que propice au réalisateur à succès!

Traiter de la guerre en Irak alors qu’elle fait toujours rage, poser un regard critique sur un conflit dans lequel l’armée américaine s’enlise depuis plusieurs années : tel semble être le défi que ce sont lancés Paul Greengrass et Matt Damon pour ce ‘Green zone’ qui nous plonge au milieu du conflit de manière convaincante et réaliste.
Il est vrai que la guerre en Irak est devenue une actualité quasi ‘quotidienne’, avec son lot de morts tant bien du côté américain qu’irakien. On se souvient pourtant des débuts ultra-médiatisés de cette guerre, dans laquelle les américains partaient à la recherches d’armes de destructions massives que Saddam Hussein aurait caché à la fin de la première guerre du Golfe, et qui désormais menaçaient l’intégrité du monde libre (rien qu’avec ça, on aurait pu construire une fiction… si seulement s’en était restée une !). Mettons-nous maintenant un peu à la place du soldat américain arrivant sur les lieux et ne trouvant aucune trace d’armes de destruction massive, et devant affronter une population hostile, le tout loin de chez lui. Pas facile hein... ‘Green zone’ va vous y aider, car le film retransmet de manière efficace l’ambiance et les émotions qu’un tel conflit peut engendrer pour ses soldats qui se sentiront au final manipulés. De plus, il met en lumières des aspects parfois difficilement compréhensibles du conflit, et fait réfléchir quand à la nécessité et surtout la manière d’agir des américains face à une situation qu’ils ne maitrisent plus.
Le film décrit le pays et les habitants sans prendre directement parti pour un camp ou un autre. En plus de cela, il donne une image différente de l’Irak, loin de celle qu’avons aujourd’hui, celle d’un pays chaotique et au bord du gouffre.
Il permet de voir la beauté et la grandeur historique d’un pays qui n’a cependant pas fini de souffrir.
Si le film est très réussi sur le fond, il l’est également dans la forme. Matt Damon, acteur-caméléon décidément à l’aise dans beaucoup de rôles, tient une fois de plus le rôle principal sur ses épaules, et ce sans jamais faiblir. Son association avec Paul Greengrass pour la trilogie Bourne ayant portée ses fruits, ils récidivent ici grâce à une mise en scène rythmée et minutée. Les amateurs du duo apprécieront.
Il faut certainement une belle dose de courage et d’esprit critique pour oser se regarder dans un miroir et se poser les bonnes questions. Même si elles ne résoudront pas le problème, elles permettront au moins d’ouvrir les yeux. Et si en plus c’est un film qui les ouvre, tant mieux !